Le Lore

Deux mondes, deux histoires. Choisis la case de ta faction pour lire son passé.

IL’HÉRITAGE D’UNE ÉPOQUE MAUDITE

Après les événements du 7ᵉ Gotei et la fin de la Silente Invasion, la Soul Society entra dans l’une des plus grandes périodes de reconstruction de son histoire. Les guerres avaient détruit une grande partie du Seireitei, les anciennes institutions avaient été bouleversées et de nombreuses familles avaient perdu une partie de leur influence. Les survivants comprirent alors qu’il était impossible de simplement reconstruire l’ancienne Soul Society. Il fallait créer un nouvel ordre, capable de survivre aux menaces qui avaient autrefois failli détruire les Trois Mondes.

Durant les siècles qui suivirent, les anciennes familles nobles connurent des destins très différents. Certaines furent anéanties, d’autres perdirent leur statut, tandis que certaines réussirent à se réinventer et à transformer leur rôle au sein de la Soul Society. Peu à peu, un nouvel équilibre se forma autour de plusieurs grandes familles qui allaient devenir les piliers de la nouvelle époque.

IILA CHUTE DU CLAN SHIHŌIN

Le Clan Shihōin fut autrefois l’une des familles les plus influentes de la Soul Society. Après la reconstruction du Seireitei, son influence au sein du Central augmenta considérablement. Les Shihōin commencèrent progressivement à prendre le contrôle d’une grande partie des décisions politiques, ce qui provoqua une opposition directe avec le Clan Tsunayashiro. Les deux familles entrèrent alors dans une véritable guerre politique, chacune cherchant à imposer sa vision et à contrôler les institutions centrales. Les assassinats commencèrent dans l’ombre avant de s’étendre progressivement aux différentes branches de la famille. Lorsque les Shihōin comprirent ce qui se passait, il était déjà trop tard. Leur domaine fut attaqué, leurs membres furent traqués et leur lignée fut presque entièrement exterminée. Le Clan Shihōin fut finalement déclaré anéanti, laissant derrière lui un immense vide politique que les Tsunayashiro allaient rapidement occuper.

IIIL’ASCENSION DES TSUNAYASHIRO

La disparition des Shihōin permit aux Tsunayashiro de devenir la principale puissance politique de la Soul Society. Au lieu de simplement récupérer l’influence de leurs anciens rivaux, ils réorganisèrent complètement le pouvoir central. Le Central fut progressivement renforcé et devint l’une des institutions les plus importantes du Seireitei. Les Tsunayashiro placèrent leurs représentants au cœur de cette nouvelle organisation et développèrent leur influence sur les décisions politiques, administratives et judiciaires.

Trois cents ans plus tard, le Clan Tsunayashiro possède davantage de pouvoir qu’à l’époque du 7ᵉ Gotei. Ils dirigent désormais le Central et constituent la principale autorité politique de la Soul Society. Leur influence ne signifie cependant pas qu’ils contrôlent directement le Gotei 13 : les divisions conservent leur propre hiérarchie et leur propre commandement. Les Tsunayashiro représentent avant tout le pouvoir politique et administratif de la Soul Society. La situation devint rapidement incontrôlable.

Le chef du Clan Tsunayashiro considéra que les Shihōin représentaient désormais une menace directe pour l’équilibre du pouvoir. Il prit alors une décision secrète; engager des tueurs à gages afin d’éliminer les derniers membres du clan, ayant survécu à l'assaut qui permit l'ascension du clan Tsunayashiro au sein du Central. Cependant, le Clan Shihōin ne fut pas décimé pour autant. Les tueurs à gages ne parvinrent pas à mener leur mission à bien, et les derniers membres du clan continuèrent de vivre leurs vie au sein de la soul society a l'extérieurs du Seireitei. Le chef du Clan Tsunayashiro finit alors par cesser toute tentative d'élimination directe. Il se contenta désormais de les écarter progressivement du pouvoir, en veillant à ce que leur influence ne puisse plus représenter une menace pour son clan.

IVLA RÉINVENTION DU CLAN YAMAMOTO

Le Clan Yamamoto fut profondément marqué par les guerres du 7ᵉ Gotei. Une grande partie de la famille disparut au cours des différents conflits et les survivants comprirent que leur ancienne manière d’exister devait changer. Plutôt que de chercher à récupérer une influence politique, ils décidèrent de se consacrer entièrement à leur héritage guerrier. Ils développèrent de nouvelles méthodes d’entraînement et établirent une véritable philosophie basée sur la force, la discipline et le dépassement de soi.

Au fil des générations, cette évolution rapprocha de plus en plus le clan de la 11ᵉ Division. Les Yamamoto finirent par devenir intimement liés à cette division, jusqu’à faire de celle-ci le principal symbole de leur héritage. Trois siècles plus tard, le Clan Yamamoto reste donc une famille noble importante, mais son pouvoir repose principalement sur son influence militaire. Ils représentent la tradition guerrière et l’esprit combattant de la 11ᵉ Division.

VL’ASCENSION DU CLAN KUCHIKI

Le Clan Kuchiki profita également de la reconstruction pour renforcer sa position. Contrairement aux Tsunayashiro, les Kuchiki ne cherchèrent pas à contrôler le pouvoir central. Ils choisirent de renforcer leur influence au sein du Gotei 13 en défendant les valeurs de discipline, d’honneur et de tradition qui caractérisaient leur famille.

Au fil des générations, les Kuchiki devinrent de plus en plus importants au sein de la 6ᵉ Division. Leur influence finit par devenir suffisamment forte pour que cette division soit considérée comme le principal domaine d’autorité de la famille. Trois cents ans plus tard, les Kuchiki demeurent l’une des grandes familles nobles de la Soul Society et représentent principalement l’ordre, la discipline et la noblesse traditionnelle.

VIL'ERREUR DES KOTETSU

Il y a plusieurs siècles, le Clan Kotetsu occupait une place majeure dans la médecine de la Soul Society et était considéré comme le clan parrain de la 4ᵉ Division. Pourtant, son histoire fut profondément marquée par l’affaire de « La Fleur ».

À cette époque, Arisu Kotetsu et Yumeko Kotetsu détenaient des informations concernant cet objet mystérieux, capable de mener des Shinigamis jusqu’au Dangai dans le cadre de la quête appelée « L’Apogée ». Au lieu de transmettre ces informations au Central ou aux hautes instances de la Soul Society, ils décidèrent de les dissimuler. Arisu alla même jusqu’à collaborer avec Vazaro Starrk, l’Espada n°1, concernant cette Fleur.

Cette décision eut des conséquences dramatiques; alors que la Fleur se trouvait entre les mains du Clan Kotetsu, 40 Shinigamis trouvèrent la mort. La situation empira lorsque la Fleur finit par parvenir aux Arrancars, permettant notamment à Kisho d’atteindre l’Apogée. Arisu Kotetsu finit lui-même par trouver la mort dans le Dangai, conséquence directe de cette affaire. Pour le Central, la responsabilité des Kotetsu était devenue trop importante pour être ignorée. Si la Fleur avait été révélée dès le départ, une partie de ces événements aurait peut-être pu être évitée. Le clan fut donc sévèrement sanctionné et rétrogradé au rang de Semi-Noble, perdant progressivement son statut et son influence au sein de la 4ᵉ Division.

VIIL'ASCENSION DU CLAN SHUTARA

C’est dans cette période de déclin qu’une nouvelle lignée commença à émerger; le Clan Shutara. Leur progression dans le domaine médical fut notamment portée par Young Shutara, véritable prodige de la médecine spirituelle et anciennement connu comme le plus jeune Capitaine de l’histoire du Gotei 13 à seulement 144 ans.

Young Shutara introduisit de nouvelles techniques médicales au sein de la 4ᵉ Division et transmit ses connaissances à la nouvelle génération de médecins, permettant à la médecine de la Soul Society de connaître une véritable évolution. Il entretenait également une relation très proche avec le Head-Captaine de son époque, Kenji Yoritashi, et occupa temporairement sa fonction lorsque celui-ci ne pouvait l’assurer.

Cependant, lors de l’événement opposant Atsujo aux Péchés Capitaux, Young Shutara disparue mystérieusement. Sa disparition ne mit pourtant pas fin à son héritage. Pendant plus d’un siècle, les Shutara continuèrent de perfectionner les techniques médicales qu’il avait instaurées, jusqu’à devenir le clan médical de référence de la Soul Society.

Finalement, face a la chute des Kotetsu et au besoin de reconstruire une 4ᵉ Division solide, le Central décida de faire définitivement des Shutara une famille noble et leur confia la direction de la Division. Ainsi, le Clan Kotetsu ne disparut pas, mais perdit progressivement la position qu’il avait occupée pendant des générations, tandis que les Shutara devinrent les nouveaux héritiers de la tradition médicale de la 4ᵉ Division.

VIIILA CHUTE DES SOZOSEI

Le Clan Sozosei connut un destin bien différent. Autrefois grande famille scientifique, il perdit progressivement sa réputation après plusieurs expériences interdites qui provoquèrent de graves conséquences au sein de la 12ᵉ Division. Le clan tenta de dissimuler ses erreurs, mais la vérité finit par être découverte. Ses recherches furent saisies, ses laboratoires furent placés sous surveillance et plusieurs de ses membres furent sanctionnés.

Cette affaire provoqua une profonde division au sein de la famille. Certains membres voulurent abandonner les anciennes pratiques tandis que d’autres souhaitèrent poursuivre les recherches interdites en secret. Cette division empêcha le clan de retrouver sa puissance. Au fil des générations, les Sozosei perdirent leur influence et leurs anciennes responsabilités furent récupérées par d’autres familles, notamment les Kotetsu. Trois cents ans plus tard, le clan existe encore, mais il n’appartient plus aux grandes puissances de la noblesse.

IXLA NOUVELLE NOBLESSE

Après trois siècles, la noblesse de la Soul Society s’est profondément transformée. Les anciennes familles ne possèdent plus toutes le même pouvoir et leur influence dépend désormais de leur domaine. Les Tsunayashiro dominent le Central, les Kuchiki sont profondément liés à la 6ᵉ Division, les Yamamoto représentent la puissance et la tradition de la 11ᵉ Division, tandis que les Kotetsu occupent une place majeure dans la 4ᵉ et la 12ᵉ Division.

D’autres familles ont également réussi à monter dans la hiérarchie durant ces trois cents années. Certaines anciennes familles ont conservé leur noblesse en restant discrètes et en évitant les conflits politiques. D’autres ont obtenu leur statut grâce à leur contribution à la reconstruction de la Soul Society. La noblesse n’est donc plus entièrement dominée par les familles qui existaient autrefois.

XILE RETOUR DANS UN MONDE VIDE

L'Éradication n'eut pas lieu au Hueco Mundo.

Elle eut lieu là-bas — dans cette dimension inconnue, cet endroit qui dépassait le concept même du vivant, où l'armée arrancar presque toute entière combattait la dernière entité aux côtés des Shinigamis et d'Atsujo. C'est là que les capuches blanches apparurent. C'est là qu'elles proclamèrent l'éradication. Et c'est là, sous les yeux des Shinigamis, que des milliers d'Arrancars — Espadas, Fracciones, Soldados, seigneurs et lignées — furent effacés en un seul événement.

Le Hueco Mundo, lui, ne vit rien. Il n'entendit rien.

Sur les milliers partis pour cette guerre, on dit qu'un seul revint. Certains récits en comptent deux. La Garganta s'ouvrit sur le sable blanc, et ce qui en sortit n'était pas une armée : c'était un rescapé, portant sur lui le silence de tous les autres.

Ce qu'il retrouva fut peut-être pire que des ruines : un royaume intact et vide. Las Noches debout, ses couloirs déserts. Les chambres des Espadas, rangées, closes, que personne ne rouvrirait. Les domaines des lignées sans plus personne pour porter leurs noms. Un trône sans roi, une armée sans soldats, une civilisation entière réduite à du décor.

Les Hollows sauvages, eux, étaient toujours là — le cycle de la faim ne s'arrête jamais. Mais tout ce qui les avait un jour dépassés, ordonnés, gouvernés, avait disparu en un jour, dans un monde dont on ne pouvait même pas rapporter les corps.

Le rescapé aurait pu s'asseoir sur le trône vide. Personne n'aurait pu le lui disputer.

Il ne le fit pas. Il fit pire.

XIILE RITE DU RAPPEL

Las Noches — le vrai, l'unique, celui qui abritait la salle du conseil et le cœur de la science arrancar — détenait dans ses laboratoires des siècles de recherches sur l'âme, la Garganta et les frontières entre les mondes. Le rescapé s'y enferma des années durant, avec une seule obsession : rouvrir le passage vers la dimension où les siens avaient été effacés, et les rappeler.

Les récits nomment cette folie le Rite du Rappel.

Et le plus terrible, c'est que le rite répondit.

En une nuit, le ciel au-dessus de Las Noches se déchira — et l'armée effacée revint. Mais pas comme une armée. Pas comme des vivants. Pas même comme des morts qu'on peut enterrer.

Ce qui tomba du ciel déchiré, ce furent des dépouilles. Des milliers de carcasses rendues par un monde qui dépasse le concept du vivant — vidées de leur âme, vidées de leur reiatsu, déformées par la traversée au point que beaucoup revinrent colossales, calcifiées, ossifiées. Leur chute pulvérisa la région entière : le palais éventré, les laboratoires soufflés, le désert fracturé sur des lieues.

Quand le sable retomba, le vrai Las Noches n'était plus qu'une carcasse parmi les carcasses — un palais brisé au milieu d'un champ d'ossements géants, à perte de vue. Cette terre porte désormais un nom : El Osario. L'Ossuaire.

Le rescapé avait rappelé les siens. Il n'avait récupéré que leurs os.

On dit qu'il resta des années agenouillé au milieu du champ. Puis il comprit la leçon que le rite venait de graver dans le sable : on ne rappelle pas les morts. On élève les vivants.

Alors il descendit là où le Hueco Mundo fabrique ses enfants : dans la Forêt des Menos.

Les récits lui donnèrent un nom : le Dernier Témoin.

XIIILE ROI DE CENDRES

Pendant des décennies, le Dernier Témoin arpenta les profondeurs. Il observa les hordes, les meutes, les dévorations. Il cherchait, parmi les nouvelles générations de Hollows, ce qui ne se dresse qu'une fois par siècle : une volonté qui ne se dilue pas.

Il la trouva chez un Adjuchas sans nom, sans lignée et sans passé glorieux, qui n'avait dû sa survie qu'à une seule chose : il n'avait jamais cessé d'avancer.

Le Témoin ne l'épargna pas. Il le traqua, l'affama, le poussa dans ses derniers retranchements — et entre deux épreuves, il lui transmit ce que lui seul portait encore : la mémoire. Les lois du vieux Las Noches, les noms des lignées éteintes, l'histoire du Souffle du Roi Silencieux, le récit exact de ce jour où des milliers des leurs furent effacés dans un monde étranger parce qu'ils y étaient entrés en meute et non en nation — et l'aveu du Rappel, pour que nul ne recommence jamais.

L'Adjuchas devint ce que le sable ne porte qu'une fois par millénaire : un Vasto Lorde. Et le jour où il brisa son masque de ses propres mains, les rares témoins dirent que le sable autour de lui était gris de cendres. Il prit ce présage pour nom.

Cenizo — le Roi de Cendres.

Cenizo ne conquit pas le Hueco Mundo par la seule force. Il le conquit par une idée, héritée du Témoin :

« Ils ont effacé une armée en un jour. On n'efface pas une civilisation. »

XIVL'ÈRE DU ROI DE CENDRES

Le vrai Las Noches n'existait plus — le Rappel n'en avait laissé qu'une carcasse au milieu d'un désert fracturé. Cenizo refusa de bâtir son règne sur des décombres maudits. Il fit ériger un nouveau Las Noches au cœur du désert de sable infini, à l'image de l'ancien : mêmes chambres numérotées de 1 à 10, même salle du conseil — une réplique volontaire, pour que la civilisation nouvelle soit le reflet assumé de celle qui fut effacée.

L'ancien Las Noches, lui, fut déclaré terre morte par décret royal : ses chambres closes appartiennent aux effacés, ses laboratoires éventrés au silence, et nul vivant n'a le droit d'y prétendre.

Les nouveaux clans ne naquirent pas d'un décret, mais de rencontres. Aux quatre coins du désert, quatre Arrancars avaient brisé leur masque par leur propre volonté — les quatre premiers de l'ère nouvelle. Cenizo les chercha, un par un. Certains l'affrontèrent, d'autres l'écoutèrent — mais en chacun d'eux, le Roi vit ce que le Témoin avait un jour vu en lui : une volonté qui ne se dilue pas. Il les choisit, et leur confia de refonder les lignées éteintes sur leurs propres épaules : Granz, Cifer, Jaegerjaquez, Starrk. Chacun reçut un domaine. Les ordres furent créés. Le Crisol fut allumé pour la première fois.

Quant au Dernier Témoin, il refusa tout titre. Certains disent qu'il siège encore dans l'ombre du trône. D'autres, qu'il est reparti dans la Forêt chercher la génération d'après. D'autres enfin, qu'il n'a jamais existé — et que le Roi a tout inventé pour donner un père à son royaume.

Trois cents ans ont passé depuis l'Éradication. Deux cents depuis le couronnement. Le désert d'aujourd'hui est un royaume : un trône, une cour, quatre clans, des ordres, un creuset, une armée.

Mais un royaume né de la cendre n'oublie jamais qu'il peut brûler deux fois. La loi du Roi est dure, la hiérarchie est absolue, et la question que chacun se pose à voix basse demeure sans réponse :

le Roi de Cendres prépare-t-il son peuple à survivre…

…ou à rendre, un jour, ce qui fut fait aux siens ?